À PROPOS

BIOGRAPHIE / LA COMPOSITION / LA MUSIQUE DE FILM

Biographie

Né à Mons en 1991, Nicolas Meunier est un compositeur et musicien belge diplômé du Conservatoire Royal de Bruxelles en composition, de la Music Academy International de Nancy (cursus guitare et cursus musique de film), ainsi que du Koninklijk Conservatorium Brussel en écritures musicales, dans lequel il termine actuellement un Master en contrepoint et fugue.

Très tôt attiré par la musique, il effectua ses années de formation musicale et de guitare classique à l’académie de Mons. Par la suite, il se dirigea vers les musiques actuelles en étudiant la guitare et la musique de film au sein de la Music Academy International de Nancy. Afin d’asseoir ses connaissances et d’acquérir de sérieuses compétences techniques, il intègre la classe de Daniel Capelletti en composition au Conservatoire Royal de Bruxelles. Il y rencontra notamment des personnalités d’envergure qui continuent de l’influencer aujourd’hui (Michel Lysight, Cyrille Thoulen, Edwin Clapuyt, Benoît Chantry, etc.). Simultanément, il étudia le piano auprès d’Annette Cornille et les écritures musicales avec Hans Van Daele au Koninklijk Conservatorium Brussel et il continue d’y étudier le contrepoint et la fugue avec Jan D’Haene.
Par ailleurs, il étudie le jazz auprès de Yannick Schyns et de Paolo Loveri.

D’un parcours éclectique, Nicolas se distingue aujourd’hui par un style marqué de ses différentes expériences passées, cherchant en permanence l’équilibre entre ses influences, ses acquis et ses expérimentations.

Création de Courbes par l’Orchestre Philharmonique Royal de Liège, dirigé par Christian Arming, le 19 mars 2017.

La composition

Dans son Dictionnaire de musique, Jean-Jacques Rousseau définit la composition musicale comme « l’art d’inventer et d’écrire des chants, de les accompagner d’une harmonie convenable, de faire, en un mot, une pièce complète de musique avec toutes ses parties ».
Le terme composition n’a jamais été employé que pour désigner l’invention musicale réfléchie et donnant lieu à une véritable construction musicale ; il n’a jamais été utilisé pour décrire l’invention musicale spontanée, qu’elle soit individuelle et savante, comme celle des improvisateurs, ou collective et intuitive, comme celle du folklore.
L’idée de composition paraît donc liée à celle de l’élaboration méthodique des œuvres musicales, qui est elle-même inséparable de leur traduction écrite sous forme de partitions.

Pour cela, de sérieuses compétences techniques sont nécessaires et l’étude de la composition et des écritures musicales, ainsi que tous les éléments qui en découlent, semble être un passage obligé.
Voici un court document de France Musique sur Mademoiselle Nadia Boulanger, l’un des professeurs de composition les plus influents du XXe siècle:

Voici un extrait de sa correspondance avec Francis Poulenc:

NADIA BOULANGER À FRANCIS POULENC
Les Maisonnettes
Hanneucourt par Gargenville

11 septembre 1931

Cher Ami,

La rencontre était singulière l’autre jour, car j’étais justement en train de me gourmander pour ne pas vous avoir remercié. Si je n’avais pas si peur des mots, je vous dirais mieux combien j’ai aimé ces pages si réellement musicales¹ , cette déclamation si intelligente, cette rapide et fraîche vitalité, l’émotion aussi – et puis ce « quelquechose de vous » qui n’est qu’à vous (Mon Dieu quel français!).
Mais j’ai peur des mots – et je vous remercie tout simplement d’être un tel musicien.

Très amicalement.

¹ Poulenc avait envoyé à Nadia Boulanger les partitions des Trois Poèmes de Louise Lalanne et des Quatre Poèmes d’Apollinaire.
Source : Francis Poulenc, Correspondance 1910-1963, réunie, choisie, présentée et annotée par Myriam Chimènes, Fayard, p.345.

Comme Nadia Boulanger le souligne, l’identité musicale, le style personnel, est au centre des préoccupations du compositeur. Après avoir digéré les écritures musicales et les analyses d’une centaine d’œuvres, celui-ci peut en prendre modèle ou s’en détacher totalement, ce qui donne aujourd’hui la richesse stylistique de la musique contemporaine. En outre, depuis l’apparition des musiques dites expérimentales (musiques concrètes, électroniques, électroacoustiques, acousmatiques…) et de nouveaux moyens de production sonore (synthétiseurs, ordinateurs…), un profond changement s’est produit, l’intérêt s’est déplacé de la forme, du discours musical, vers la séduction sonore ou la curiosité acoustique.

Cependant, selon moi, la composition aujourd’hui est avant tout une affaire de choix, d’affinité et de passion, et il faut refuser le consensus imposant une esthétique spécifique. En effet, l’avant-garde, par un retour logique des choses, est devenue l’académisme d’aujourd’hui et l’opposition tonal/atonal est un sujet désuet dont les rixes idéologiques semblent stériles.
Il faut renouer le lien avec le public et œuvrer pour un rapprochement entre art savant et art populaire, où compositeurs de tous bords puissent s’exprimer en toute liberté.

Michel PHILIPPOT, « COMPOSITION MUSICALE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 8 mars 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/composition-musicale/

La musique de film

Parmi les légendes entourant la musique de film, il y en a une qui perdure : celle qui affirme que celle-ci a été inventée pour couvrir les bruits du projecteur.
Cependant, le cinématographe des frères Lumière ne produisait qu’un faible cliquetis et il est très peu probable que celui-ci dérangea une assemblée déjà abasourdie par le spectacle qui s’offrait devant ses yeux.
L’accompagnement musical au piano donné lors de ces séances trouve son origine ailleurs. En effet, il existait déjà divers spectacles où la musique jouait un rôle primordial et le spectateur se retrouvant dans une salle silencieuse pouvait finalement y ressentir une certaine gêne.
Le rôle de la musique serait plutôt d’isoler chaque spectateur dans son rapport avec le film afin de lui donner un coup de pouce pour s’immiscer dans le récit. Mais aussi de souligner certains détails cinématographiques comme des actions, des lieux ou le fait qu’il faut vraisemblablement se méfier de ce gaillard à la longue veste noire pour le moins inquiétant.

Quelles qu’en soient les causes, la nécessité de la musique pour accompagner les projections des films se fit sentir très tôt car le cinéma s’imposait comme un nouveau moyen d’expression artistique.
Et c’est en 1908 qu’une société de production française « le Film d’art » passa commande à Camille Saint-Saëns la première musique originale dédiée au film l’Assassinat du Duc de Guise réalisé par André Calmettes.

Aujourd’hui, envisager la composition de musique de film apparait tout à fait naturellement aux compositeurs souhaitant diversifier leurs activités. Cependant, l’écriture de musique à l’image se trouve être spécifique, il s’agit en effet d’accompagner l’image avec la musique et donc de respecter le cadre imposé par le réalisateur, car celui-ci est tout à fait conscient de l’importance de la bande son et notamment de l’émotion qu’elle peut susciter chez le spectateur. Les fonctions de la musique à l’image étant très nombreuses, une composition musicale peut radicalement transformer la réception sensorielle d’une image.

L’Assassinat du duc de Guise (1908)